La mémoire est prudente, elle s'avance pas à pas.
Je m'souviens qu'en allant dans un lycée lundi les gars ne parlaient que d'un but, un but formidable tiré la veille dans les cages du PSG.
C'est pas mon truc le foot mais les gars m'ont expliqué, une roulette, double contact. Gourcuff c'est le nouveau Zidane ils ont dit.
Le soir on apprenait la disparition d'un homme qui avait fait ses débuts au cinéma avec une affaire de coq qui voulait y couper. « C'est l'histoire d'un enfant qui tombe amoureux d'un poulet que ses parents veulent manger, et comme il sait qu'à la campagne on ne mange pas les poules parce qu'elles pondent des ½ufs, il leurs fait croire que c'est une poule, jusqu'au jour où le poulet fait cocorico. » Claude Berri...
Je m'souviens que mardi la série noire continuait, Patrick McGoohan le héro du Prisonnier est mort. Même instant, 450.000 voyageurs perdaient leur temps, et leur patience.
Je m'souviens que mercredi, le ciel appelait au cinéma. Je m'souviens avoir lu que Gérard Depardieu était « Tout simplement formidable dans ce rôle de flic solitaire», et qu'ça devait être vrai. Je m'souviens avoir pensé à Michel Desjoyaux, je m'suis demandé ce que ça voulait dire d'être en tête quand on est seul face au grand océan. Ce jour là des enfants et des parents attendaient une justice, eux qui vivent dans l'angoisse depuis tant d'années. La justice est passée elle a laissé les victimes sans coupables.
Jeudi je m'souviens d'une tâche sur le sol qui ressemblait au japon sur la carte. Je m'souviens avoir pensé que les soldes n'étaient que la crise qui se maquille. Je me souviens que notre président n'en finissait plus de présenter ses v½ux, quand le maître du monde lui, faisait ses adieux à ce public qu'il aimait tant : « Pourquoi moi ? Et sous ma responsabilité ? Pourquoi la crise financière devait-elle tomber durant mon mandat ? » George W Bush.
Je me souviens que vendredi j'étais plongée dans « Tout les Fleuves vont à la mer... » De Elie Wiesel. Pendant ce temps la télé voulait croire au miracle qui n'arrive que dans les films (atterrissage de l'avion dans l'Hudson ndlr).
Je m'souviens que samedi, comme vendredi, jeudi, mercredi, mardi et lundi avant lui, on parlait de Gaza sans évoquer un mot..., un mot introuvable que chacun disait souhaiter, et que personne n'entendait de la même façon...